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REMY
Localisation : Quimper
Messages : 14
Date d'inscription : 22/11/2017

Re: Enjeux, difficultés et risques du consensus

le Lun 28 Mai - 20:17
Je vous adresse quelques définitions :
Dictionnaire Hachette :
Consensus : consentement, accord entre des personnes
Consentement : approbation, adhésion donnée à un projet
Larousse :
Consensus : Procédure qui consiste à dégager un accord sans procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions.
Consentement : Action de donner son accord à une action, à un projet ; acquiescement, approbation, assentiment
La frontière entre consensus et consentement me semble ténue mais non opposable. Telle que je la comprends d’un point de vue processuel, le consensus est le préalable au consentement : accord entre des personnes puis adhésion à un projet.
La définition du Larousse m’a interrogé. Celle-ci m’amène à ces interrogations : quid de la gestion des conflits, consentement comme pacification prématurée des conflits (Gestalt thérapie, chapitre 9, p.159 et suivantes, Ed Stanké).
Loïc Benoist
Localisation : Paris
Messages : 82
Date d'inscription : 23/10/2017

Enjeux, difficultés et risques du consensus

le Ven 18 Mai - 13:39
Bonjour,
 
Je remarque que ce sujet nouvellement créé ne suscite pas de vocation à l'écriture, à poster des avis qui ne vont pas dans le sens du projet présenté.
Cela finit par m'interroger sérieusement.
 
En effet, quid d'une démocratie sans contradicteurs, sans opinions différentes voire divergentes, sans controverses. Si nous arrivions à un état de neutralisation pourrions nous encore parler de démocratie ?
Pourrions-nous encore parler de débat si le seul objectif initial était de parvenir à un consensus ?
 
Aucune personne fréquentant ce forum n'aurait donc quelque chose à dire contre le concept de sociocratie, ses principes, ses règles ; personne pour parler des inconvénients, des écueils inéluctables, …
 
Or, ce que beaucoup d'entre nous ont découvert à Bordeaux (moi le premier) résulte d'un concept (sociocratie) proposé en 1850 ; il n'est donc pas récent. A travers mes recherches, j'ai trouvé que des applications connues dans le monde de l'entreprise, de l'associatif et dans d'autres organisations, datent de la fin des années 1960, début 70. Voilà donc près de 50 ans ! Il y a donc des réussites et des échecs, des vécus différents.
 
D'où la nécessité pour nous de se rapprocher des organismes et personnes qui ont vécu ou vivent ces expériences afin de s'en inspirer pour notre projet.
 
Tout de suite, pour tenter de lancer le débat, je ramène ci-après un texte qui parle des écueils des décisions par consentement (déjà posté le 5 février).
 
Loïc
…………………………………….
 
Enjeux et difficultés du consensus (Posté le 5 février 2018 ; source Wikipédia)
* Christophe Pacific, Consensus/Dissensus - Principe du conflit nécessaire, l'Harmattan, 2011
 
Selon Christophe Pacific, à vouloir éliminer le conflit dans la démarche de recherche de consensus, nous éludons l'opportunité de le dépasser. Nous sacrifions un meilleur possible au profit d'une démocratie du moindre mal. Les décisions pluridisciplinaires, qu'elles soient issues d'un staff médical, d'un comité d'éthique ou d'une instance politique internationale, succombent aujourd'hui au chant du consensus.
 A contrario, le "dissensus" assure, par le lien fécond de la parole, le souffle éthique d'une société. Il y a davantage de possibles dans un conflit que dans un consensus.
 
Le consensus cherche à sacraliser de nouvelles normes dans une société en crise de rituel. La réalité nous montre que l’étoffe du consensus est tissée de soumission librement consentie, de nécessités et de jeux de pouvoir liés de près à des plaisirs immédiats. À force d’habitude, l’exigence de certitude, de vérité, le processus substitue le poison au remède. Le consensus sonne le glas de l’éthique. Poursuivant l’unanimité, la sympathie naturelle entre les éléments de la nature entre eux comme le décrivait Cicéron, le consensus diabolise le conflit et cherche expressément à l’éliminer du fait de son chaos apparent. Le besoin d’ordre normatif tend à rechercher l’exclusion du risque d’égarement, la menace d’une possible logique contraire, il totalise le besoin de vérité commune.
 
À ce stade, la démocratie est en danger car il est nécessaire qu’une démocratie nous permette de nous égarer sans nous perdre. La réflexion démocratique doit pouvoir envisager tous les possibles et c’est dans cette projection qu’une démocratie se rend brillante. La certitude, elle, présente le chemin comme un paradigme sécurisant qui, par le sentiment de confort qu’elle nous procure nous confine dans une pensée arrêtée, sans issue. L’unanimité du consensus recherche la puissance de cohésion contre le risque déstabilisant d’une controverse. En voulant se débarrasser de la différence et en la diabolisant comme un danger sociopathique, la démocratie pourrait se complaire dans l’incomplétude en fabriquant de la sympathie artificielle.
 
Si le consensus n'est pas un poison en soi, la recherche à tout prix de ce dernier est une démarche totalitaire, alors se pose comme incontournable en termes d'éthique le Principe du conflit nécessaire[3].
 
Consensus et dictature de la majorité
Le terme consensus implique également des notions de compromis. Plutôt qu'une opinion adoptée par une majorité, le consensus suggère l'apport de multiples opinions différentes, et leur adaptation progressive jusqu'à ce qu'une solution satisfaisant le plus grand nombre de personnes puisse être dégagée. Le consensus ne signifie pas forcément que tout le monde est satisfait du résultat, mais suggère plutôt que tout le monde peut juger le résultat acceptable et que la majorité est satisfaite. On doit donc apporter un soin particulier à la définition de cette majorité représentative de l'ensemble, faute de quoi ce compromis peut s'éloigner de la réalité pourvu que le consensus se construise, au vu de la subjectivité de l'estimation de la « représentativité » de chaque personne. Ce type de consensus, limant les divergences au profit des similitudes, manifeste la justesse de l'opinion répandue. On peut considérer que le consensus se construit avec la loi de juste milieu (pris dans le sens d'un milieu acceptable pour les différentes parties). Certains considèrent alors que l'objectivité, si ce n'est la vérité, répond à la courbe de Gauss où les 20 % restant sont quantité négligeable et, de ce fait, inutiles à conserver. Ce type de solution est souvent appelé consensus, mais n'en est pas un à proprement parler.
 
Plus généralement, on considère la prise de décision par consensus comme la recherche d'une solution de résolution, où le compromis doit être une proposition originale, qui tienne compte des positions de chacun et essaye de satisfaire tous les participants au débat. Ce type de compromis est nommé gagnant-gagnant. Chaque proposition doit être évaluée pour ce qu'elle est et non pour ce que chacun en imagine, l'imagination portant le plus généralement sur l'émetteur de la proposition.
Certains considèrent que dans le cas où un compromis gagnant-gagnant ne peut être construit, on peut alors enregistrer les dissensions (ou dissensus) car elles sont considérés comme plus proches de la réalité décrite et susceptibles de faire avancer le problème. Cette solution peut satisfaire la majorité des participants au débat. D'autres considèrent qu'il s'agit alors d'un échec de consensus, car chacune des parties étant restée sur ses positions, le problème débattu n'est pas réellement réglé. Ceci dit, la recherche du consensus permet d'éviter que la majorité impose ses décisions à la minorité, puisque le veto permet à chacun de refuser une solution qui ne lui convient vraiment pas (à condition de ne pas en abuser, auquel cas c'est une autre forme de dictature de l'individu sur le collectif).
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