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Loïc Benoist
Localisation : Paris
Messages : 82
Date d'inscription : 23/10/2017

Re: Comment s’imposer quand on est plus nombreux que les autres ?

le Mar 9 Jan - 14:41
> Bordeaux. Vote d'une motion de demande aux CA d'organiser une AGE ayant pour objet une dissolution.

Tout d'abord, je ne suis pas certain que ce sujet est sa place ici dans le forum pour la construction d'une maison commune des gestaltistes francophones européens alors que la question de la dissolution concerne les associations uniquement. Il y est, je réponds. 

Aux journées de Bordeaux, j'ai participé à au moins trois ateliers qui ont parlé de dissolution des associations ; ce fut ma grande surprise, je ne venais pas avec cette perspective. J'ai écouté les arguments et m'y suis rallié en participant à la mouture de la première version. ET je ne regrette rien.

J'ai compris que ce mouvement conséquent émergeait d'un ras le bol de la stagnation des associations face au rapprochement programmé depuis 10 ans (voire plus) alors qu'un outil -tel que la coordination- a été mis en place avec cet objectif. Et que, face à la position de procrastination constante, il est indispensable d'attendre demain, ça va bien trop vite, tous les éléments ne sont pas réunis, il était nécessaire de mettre un pavé dans la mare parce qu'il y en avait marre ! C'est ce même fond qui a présidé au lancement par la Coordination du processus de consultation des adhérents lors des AG de 2015. 

Oui, ça a fait onde de choc pour certains, je le comprends parfaitement surtout pour les nouveaux adhérents qui, sans connaissance de l'historique, se demandent bien ce qui leur arrive. 

En revanche, Marc, dans ce contexte, je ne comprends pas ta phrase "Comment s’imposer quand on est plus nombreux que les autres ?" comme si ce vote imposait à l'autre comme tu dis ? Ce vote soutenait une proposition, une demande aux associations sous la forme d'une motion. Il n'impose rien à personne car il n'a rien de statutaire. En revanche, il est doublement légitime puisqu'organisé dans le cadre d'un regroupement organisé par les deux associations dans la suite d'un processus organisé par ces mêmes associations et que la majorité recueillie tourne autour des 2/3. Cela peut aussi être particulier de discréditer cette tendance, le mouvement que ce vote représente. 

Je l'ai vécu comme une colère, un cri, un ras le bol, prenons des décisions ; c'est toujours ma lecture. Et si le vote a été demandé, c'est justement parce qu'une majorité était loin d'être acquise d'avance et qu'il était utile de faire le point de la tendance de cette assemblée. Il en est ressorti une majorité du vote par "gommettes", suivie par une majorité des mains levées. Ce vote a dit la disposition, la tendance de cette assemblée composée de personnes qui se sont déplacées en rapport avec les 494 qui se sont manifestés pour la MC. C'était sans doute les plus motivées.

Une décision par consentement* n'avait pas forcément sa place à cet endroit puisque ce n'était pas une décision qui s'imposait à l'assemblée même, ni qui s'imposerait aux destinataires, les CA ; pour exister une motion n'a pas besoin de recueillir l'unanimité. 

Une motion ne s'impose à personne, elle ne fait pas contrainte, elle a valeur morale. Statutairement, les associations ne sont pas tenues de la suivre, elles pourraient parfaitement refuser d'organiser des AGE. Ceux qui sont contre la dissolution de leur association pourront se faire entendre et en toute légalité statutaire, voter contre l'organisation d'une AGE (si ce vote leur est demandé), tout comme voter contre une dissolution si les structures organisent des AGE. 

Dans mon vote pour, je voulais et veux toujours que les questions présentes ne soient pas remises au lendemain ou sous le tapis. Il fallait sans doute en passer par là, un coup de poing un peu violent sur la table ! Ce dernier ne détermine rien, ne préjuge de rien, ne décide rien ; ça peut être un simple coup d'épée dans l'eau, aussi …

A suivre …

Loïc 

* En revanche, pour approuver l'aller vers la construction d'une maison commune, la décision s'est prise par consentement.
Marc T
Localisation : Vif-Grenoble
Messages : 21
Date d'inscription : 21/11/2017

Comment s’imposer quand on est plus nombreux que les autres ?

le Mar 2 Jan - 14:25
Voici le texte que j'ai publié dans l'encrier de Janvier 2018.
Je le mets ici car j'aimerai avoir votre avis sur ma vision du vote à la majorité.

Les 6, 7 et 8 Octobre dernier à Bordeaux, j’ai appris quelque chose que je savais mais que je n’avais jamais vécu de l’intérieur.
Un des ateliers que j’avais moi-même appelé de mes vœux se nommait « Harakiri, ... ». Nous nous sommes retrouvés dans un sous-groupe nombreux et vivant autour de la nécessité d’aller vers la maison commune et l’impatience à voir d’autres freiner des 4 fers.

Je ne sais plus comment cela s’est passé mais une parole est venue « mettons au vote la dissolution ». En tout cas c’est venu, pas un individu plus qu’un autre, mais le groupe a produit cela. C’était la première fois du week-end qu’un atelier attirait autant de monde à lui seul.
Et il y a donc eu une proposition de vote !
J’étais OK avec cette proposition.

Et le vote a eu lieu et j’ai voté oui. C’est à l’issue du vote que je me suis senti mal à l’intérieur. Une oppression, une tension dans la poitrine, inexpliquée. J’étais KO debout.
J’ai participé à la photo et je suis parti avant la fin car rester m’était insupportable sans savoir pourquoi. J’ai écouté mon élan et je suis parti pour l’aéroport avec 2h d’avance.

J’ai, avec d’autres, participé à un abus. Le vote est un formidable instrument d’abus de pouvoir utilisable dès que vous sentez ou pensez que vous avez la majorité. Et vous êtes certains de vous fabriquer des ennemis de tous ceux qui se sont opposés ou qui ont tenté. C’est un outil magnifique de clivage qui renforce les tensions, les antagonismes avec l’idée qu’il faut être plus nombreux que les autres, la prochaine fois ou de chercher la faille, la faute, pour contrer l’autre.

Finalement, ce vote n’a pas de légitimité puisqu’il ne fait pas partie d’une quelconque AG. Au mieux, il donne une tendance. Mais nous pouvons, je dirai même, nous devons apprendre de cet événement. Je dirai même merci au CA groupal qui a permis cela.

J’enseigne le management à de futurs ingénieurs et je leur dis la chose suivante : dans une équipe, le mode et la méthode de prise de décision sont à définir au départ et doivent être connus et acceptés par tout le monde avant. C’est la première chose à faire. Sinon dès qu’on sent qu’on est plus nombreux le vote est proposé.

A Bordeaux, je l’ai vécu du côté de l’abuseur et j’ai déjà eu ce sentiment lors de précédentes collégiales même si c’était plus léger.

Dans nos formations de Gestalt, nous parlons du cadre avec nos patients. Que le thérapeute est garant du cadre.
Mais, il m’apparaît que le cordonnier est très mal chaussé dans sa propre maison.

La CED se préoccupe d’éthique et de déontologie vis à vis des patients. Il en a fallu du temps pour faire accepter cela au monde Gestaltiste mais c’est maintenant accepté.
Mais quel est notre cadre de fonctionnement au CEG-t, entre nous ? Quelles sont notre éthique et notre déontologie dans notre fonctionnement à nous gestaltistes ? Et qui est en charge de la faire respecter ?

Comment s’imposer quand l’on est plus nombreux que les autres ? (suites et fin)
Une motion peut-elle être énoncée et être mise au vote sans avoir été annoncée à tous les adhérents ? Y a-t-il une façon de faire ? Comment s’appuyer sur le cadre lorsqu’une transgression survient ?

C’est ‘peut-être’ précisé dans le Livret du membre adhérent, mais je n’ai pas épluché la bible et qui le sait ?
Et qui est garant du cadre ? Il me semble important de le rappeler à chaque rencontre.

Bien sûr nous pouvons dire que l’université du nous est responsable, peu importe nous sommes tous acteurs dans ce qui s’est passé.
La CED a commencé à émettre des avis sur des dysfonctionnements au sein du CEG-t (enchevêtrement par exemple) avec des résistances vives mais cela a un peu bougé.
Pas assez à mon avis, et il me semble (je n’étais pas là en 96 et je m’appuie sur la tradition orale et quelques écrits) que les questions éthiques lors de la scission portaient sur l’éthique interne à l’association et non pas vis à vis des clients.

Quand allons-nous accepter de nous regarder fonctionner et dysfonctionner entre nous pour accepter de changer ?
Nous pouvons progresser sur cette question de notre cadre, notre éthique de fonctionnement grâce à ce vote.
En tout cas c’est une sonnette que je souhaite écouter et partager avec vous.

Au-delà du cadre qui ne peut que progresser j’en suis sûr, il se pose pour moi la question du mode de décision. Personnellement, je reste profondément convaincu que le vote est un formidable moyen de créer des polarisations et de la rancœur. Son avantage est qu’il est simple à mettre en œuvre et qu’il nous fait croire que l’on est en démocratie.
A Bordeaux, j’ai découvert un peu (par moment) ce que peut être la décision par consentement et je souhaite m‘investir dans cette direction. Ce mode de décision me séduit car l’objectif est d’unir, d’échanger ensemble plutôt que de s’opposer et battre l’autre. Ce sera difficile aussi car tout changement bute sur nos peurs. C’est un challenge qui bouscule le schéma de pensée mais j’y crois.

J’ai donc décidé de m’engager dans la construction de la maison commune en laissant mes mandats dans les commissions auxquelles j’appartenais. Personnellement, je ne peux pas être à 2 endroits à la fois et je choisis de m’investir dans l’élaboration de la maison commune.

Marc T
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